«La taxe carbone n'entraînera pas de hausse des prélèvements obligatoires». C'est ce qu'assure le Premier ministre François Fillon, dans une interview au Figaro Magazine à paraître samedi. Dans cette même interview, il indique également qu'elle ne concernera pas l'électricité et sera fixée initialement à 14 euros par tonne de C02.
«Je prends l'engagement qu'il n'y aura pas de hausse des prélèvements obligatoires. La taxe carbone est un transfert de fiscalité, pas une taxe nouvelle», assure le chef du gouvernement.
«Pour les entreprises, elle sera compensée par une suppression de la part de la taxe professionnelle qui porte sur les investissements. Les ménages, quant à eux, bénéficieront d'une diminution de la fiscalité sur le travail, soit par l'impôt sur le revenu, soit par une baisse des cotisations sociales», assure François Fillon.
La question divise la majorité
«Pour nos concitoyens les plus défavorisés, des inactifs et des habitants des territoires ruraux, nous étudions en outre des mesures financières d'accompagnement. Il est hors de question d'appliquer uniformément ce dispositif à des Français qui ont le choix et à d'autres qui ne l'ont pas», dit-il encore.
Mercredi matin, la polémique allait pourtant bon train sur la taxe carbone , assimilée à un impôt comme un autre. Et la question divise même la majorité.
«On nous dit que ce ne sera pas un impôt de plus, on aimerait en avoir la démonstration concrète», explique ainsi dans le Figaro Alain Juppé, qui se dit pourtant favorable au principe d'une taxe carbone. «Il y a là une urgence absolue et un souci de cohérence. Mais il y a le principe et les modalités. Et comme souvent, le diable est dans les détails», estime l'ancien Premier ministre.
«Ce n'est pas une taxe puisque ça ne rapporte pas un kopek à l'Etat, riposte sur RTL Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d'Etat à la prospective et à l'économie numérique. Il faut que la contribution-climat-énergie (ndlr: autre appellation de la taxe carbone) soit mise en place de façon totalement transparente. Il faut que les Français sachent comment l'argent sera réinjecté dans l'économie».