Après la noyade samedi d'une enfant de 11 ans dans la Durance, le haut-commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch, annonce une série de «contrôles ciblés» dans les clubs proposant des activités de plein air.
LE FIGARO. - L'enquête judiciaire sur la noyade d'Anissa a révélé des défaillances sérieuses dans l'encadrement des enfants. Que proposez-vous pour éviter de tels drames ?
Martin HIRSCH. - Nous allons faire procéder, dans les jours qui viennent, à des contrôles ciblés sur les activités sportives les plus risquées. Les contrôles auront lieu sur place et sur pièces. Concrètement, il s'agira de s'assurer que les animateurs ont bien les formations et les certifications obligatoires pour accompagner les jeunes dans ces activités physiques. Et qu'ils sont présents en nombre suffisant.
Quelles sont les sanctions encourues ?
En cas de manquement à l'une de ces obligations, injonction sera faite aux responsables de l'accueil de se mettre immédiatement en conformité. Les sanctions peuvent aller jusqu'à la fermeture administrative si la situation le justifie. Parallèlement, nous avons souhaité rappeler à tous ceux qui accueillent des mineurs les règles élémentaires de prise en charge. Des recommandations sur les taux d'encadrement leur ont ainsi été transmises le lendemain de l'accident.
L'arrêté sur les activités nautiques ne fixe aucun âge minimum pour les pratiquer. Faut-il durcir la réglementation ?
Les normes sont à nos yeux suffisantes, mais encore faut-il que celles-ci soient bien appliquées, partout et par tous. Chaque année, il y a 1,5 million d'enfants qui partent en vacances dans des accueils collectifs de mineurs et dans l'immense majorité des cas, tout se passe très bien. Nous disposons d'un réseau de professionnels de l'accueil de mineurs, en particulier au sein des associations, compétents et responsables. Aujourd'hui , l'essentiel est d'assurer la sécurité de tous les enfants, quelles que soient les activités. D'ailleurs, un travail est en cours pour refondre et clarifier la réglementation existante. L'idée est de faire le bilan des réglementations actuellement en vigueur et de tenir compte de l'évolution des pratiques pour définir des règles plus simples, mieux applicables et mieux appliquées.
Les centres de vacances ont multiplié ces dernières années les séjours à thème, proposant de plus en plus d'activités à risques. Que pensez-vous de cette évolution ?
Les centres offrent des activités qui répondent à la demande des jeunes et des parents, aux envies et aux goûts de certains pour les défis sportifs. Il faut à la fois les encourager et les encadrer. Notre responsabilité est justement de faire en sorte que ces activités se déroulent dans des conditions de sécurité maximale. Les accidents comme celui de samedi dernier sont heureusement rarissimes.